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Archive pour février 2008

GILBERT FONGARO OU LE DESTIN DE PONT-DU-CASSE

Jeudi 14 février 2008

Je me souviens de Pont-du-Casse. C’était il y a quarante ans. Habitant de la région de Nérac, j’accompagnais mon père vers Cahors, dans le Quercy sauvage, où il distillait le vin blanc de ce terroir à vigne. Pour nous y rendre nous traversions Pont-du-Casse. J’ai toujours cherché le pont et je ne l’ai jamais vu. Pas plus que le chêne. Cette vaine recherche faisait beaucoup rire mon père.

Le petit hameau…

Pourtant, le village, le hameau devrais-je dire, n’était pas bien grand. J’aurai donc dû voir l’arbre et le pont. Trois, quatre maisons dans un virage et rien d’autre. L’église sur la droite affirmait pourtant l’existence d’une commune. Ce clocher pointu en portait la preuve. C’était bien la seule. Car à vrai dire, Pont-du-Casse existait si peu que je songeais, en le traversant, que le hameau désespérait de son destin.

Quinze ans plus tard, les hasards de la vie professionnelle me firent « rentrer au Petit Bleu » en qualité de journaliste. Je rencontrais ainsi Gilbert Fongaro, le maire de Pont-du-Casse, le hameau de mes souvenirs qu’il transformait déjà en bourgade et presque en ville.

…devenu une ville

Du minuscule patelin, il fit table rase, sauf en ce qui concernait la vieille habitude villageoise ancrée dans les gènes : celle de rendre service à son prochain. Ce qui m’étonna le plus, chez cet homme que je ne connaissais pas, au dynamisme ébouriffant bien qu’apparemment décontracté, c’est sa formidable disponibilité pour ses concitoyens, qu’il traitait comme s’ils étaient ses amis ou ses parents.

Un homme toujours disponible

Toujours présent, toujours à l’écoute, prêt à rendre service aussitôt que sollicité, je l’ai vu, un hivers de grande froidure, partir seul au volant de sa voiture, pour aller porter de l’eau et du pain aux habitants des maisons isolées de son village qui grandissait déjà beaucoup. Il avait fait si froid cet hiver-là, que tout avait gelé, y compris les canalisations qui transportent l’eau vers les robinets. Gilbert, sans désemparer, chargea plusieurs casiers de bouteille d’eau minérale dans son coffre, autant de « flûtes » achetées avec ses deniers chez le boulanger et il partit faire sa « tournée ». Je me souviens d’une mamie qui pleura d’aise en le voyant arriver. Il l’embrassa comme du bon pain, donna les miches et l’eau et promit de revenir le lendemain. Ce qu’il fit. Il visita ce jour-là une dizaine de maisons où vivaient des personnes seules. Il leur apporta certes à boire et à manger mais en vérité beaucoup plus que ça. Par sa présence, il disait à cette mamie perdue – et aux autres – que la mairie penserait à elle, que quoi qu’il arrivât il ne les : « laisserait jamais tomber ».

Car tel est Gilbert Fongaro. Disponible pour les autres mais surtout ne faisant pas de la réclame (de la com’, comme on dit aujourd’hui) sur ses belles actions. Pourtant, même si nul ne le sait, il est toujours présent et répond systématiquement à toutes les sollicitations qui sont nombreuses. Il refit la même opération que celle du jour du grand froid lors des inondations de la Laurendanne, portant victuailles et vêtements à ceux, qui avaient tout perdu à cause des eaux en furie. La encore il ne fit pas de la réclame pour son beau geste. Il l’avait fait parce qu’au fond de lui, il se disait qu’il devait le faire.

Un homme qui pense à l’avenir

Combien, dans Pont-du-Casse, ont trouvé un emploi ou un logement grâce à lui ? Ont pu faire avancer un dossier ? Ont eu droit au petit « coup de pouce » qui calma leurs craintes et combla leurs espoirs ? Inutile de compter ou de dire : ils sont nombreux. Gilbert fait toujours le maximum pour l’autre. Sans s’en vanter.

Mieux encore. Puisque je le connais depuis plus de trente ans, j’ai pu observer son comportement d’homme dans les campagnes électorales. Alors qu’il lui eut été facile de marginaliser un adversaire sur des sujets plus ou moins scabreux, il ne le fit jamais. Il s’est toujours comporté dignement, n’a jamais laissé colporter le moindre ragot, interdisait à ses colistiers d’en faire trop. Il faisait campagne simplement, non pas sur des idées ayant trait à de la politique politicienne mais sur le travail accompli et sur celui qui restait à faire.

Car Gilbert pense toujours à l’avenir.

Aujourd’hui que la ville de Pont-du-Casse est belle, grande, riche, qu’elle est un exemple souvent cité dans l’agglomération agenaise, elle génère des convoitises, crée des appétits et l’on se pousse du coude pour venir s’asseoir dans le fauteuil de maire. On est prêt à dire n’importe que quoi pour parvenir à ce poste aujourd’hui envié. Et certains ne s’en privent pas, hélas!

Un bâtisseur

Mais Gilbert Fongaro, égal à lui-même, fidèle à sa parole, voudrait mener à bien les actions qu’il porte dans son cœur et qu’il croit indispensable à l’avenir de son hameau devenu à la fois ville urbaine et rurale.

A fond, il veut bâtir pour nous.

Mais puisque ces lignes sont destinées à un journal électoral, posons carrément la question. Comment les électeurs pourraient-ils se passer d’un homme qui a façonné de ses mains le destin de cette ville, qui en a bâti chaque structure pour que chacun y soit heureux, qui donne toujours le meilleur de lui-même pour aider ses concitoyens? La réponse est simple et de bon sens : Ils ne pourrons pas s’en passer.

Donc : ils l’éliront.

M.G

(Michel Gardère, journaliste et écrivain)

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